L'épreuve des choix
Hier journée de choix des stages. Dans un cérémonial immuable et figé, les internes se voient attribuer leur affectation pour les 6 prochains mois. Les plus jeunes, valise en main et mine froissée par les heures de trajets attendent de plus en plus anxieux l'appel libérateur de leur nom au fur et à mesure que s'amenuise le nombre de postes disponibles .
17 heures les choix sont clos, les langues se délient, certains visages contrits et résignés ne s'attardent pas dans l'amphi (je le savais, j'étais mal classé, mais louer un appart à C., quelle plaie). Plusieurs recrues bordelaises viennent me poser des questions sur les locaux de l'internat, les stages...je prends l'assurance des aînées, dicte avec application la procédure à suivre pour le logement, leur raconte en fêtarde à peine sevrée l’ambiance festive des vendredi de fin de mois, réponds sur les temps de trajet, rythme des gardes, intérêt des postes…
Une strasbourgeoise un peu plus angoissée que les autres s’adresse à moi vers la fin, la salle est quasiment vide. Elle pose les mêmes questions récurrentes (légitimes) que ses camarades précédentes et je répête avec un même enthousiasme le numéro du secrétariat, l'itinéraire pour gagner l'hôpital L...etc. Quand soudain Monsieur P., Pharmacien inspecteur au profil chevalin s’approche d’elle, l’air paternel il lui tend sa carte de visite et là notre blonde strasbourgeoise éclate en sanglots. Cette jolie nana venait d'apprendre qu'elle appartiendrait aux rares internes "exilés en périph" et que non contente de bosser à 1 heure de B., devra s’inscrire à la faculté de C. (because cota d'inscription). Le copain ingénieur art et métier tout penaud fait ce qu’il peut…lui aussi en a gros sur la patate il part en Italie dans une quinzaine de jours et vous comprenez qu’il me dit « on vient de l’autre bout de la France » (merci chéri, ma géographie est plus que lacunaire)…avant de se quitter, la miss reniflante souhaite que je la rassure une nouvelle fois sur les tâches à accomplir et le rythme de travail. Je me garde de lui révéler qu'elle effectue tous ces sacrifices pour aller compter des boîtes et cautionner la paresse crasse d’une équipe au bord de la retraite…
17 heures les choix sont clos, les langues se délient, certains visages contrits et résignés ne s'attardent pas dans l'amphi (je le savais, j'étais mal classé, mais louer un appart à C., quelle plaie). Plusieurs recrues bordelaises viennent me poser des questions sur les locaux de l'internat, les stages...je prends l'assurance des aînées, dicte avec application la procédure à suivre pour le logement, leur raconte en fêtarde à peine sevrée l’ambiance festive des vendredi de fin de mois, réponds sur les temps de trajet, rythme des gardes, intérêt des postes…
Une strasbourgeoise un peu plus angoissée que les autres s’adresse à moi vers la fin, la salle est quasiment vide. Elle pose les mêmes questions récurrentes (légitimes) que ses camarades précédentes et je répête avec un même enthousiasme le numéro du secrétariat, l'itinéraire pour gagner l'hôpital L...etc. Quand soudain Monsieur P., Pharmacien inspecteur au profil chevalin s’approche d’elle, l’air paternel il lui tend sa carte de visite et là notre blonde strasbourgeoise éclate en sanglots. Cette jolie nana venait d'apprendre qu'elle appartiendrait aux rares internes "exilés en périph" et que non contente de bosser à 1 heure de B., devra s’inscrire à la faculté de C. (because cota d'inscription). Le copain ingénieur art et métier tout penaud fait ce qu’il peut…lui aussi en a gros sur la patate il part en Italie dans une quinzaine de jours et vous comprenez qu’il me dit « on vient de l’autre bout de la France » (merci chéri, ma géographie est plus que lacunaire)…avant de se quitter, la miss reniflante souhaite que je la rassure une nouvelle fois sur les tâches à accomplir et le rythme de travail. Je me garde de lui révéler qu'elle effectue tous ces sacrifices pour aller compter des boîtes et cautionner la paresse crasse d’une équipe au bord de la retraite…
