Chroniques de garde : haltérophilie
Deux à trois fois par mois, je prends mes gardes à la pharmacie de l’hôpital P. Douze heures durant, munie d’un bip d’âge respectable, je suis seule “maître à bord” d’une pharmacie désertée de ses occupants, vaste entrepôt impressionnant isolé au fin fond du CHU entre dépositoire et lingerie.
Ce soir 19h30, une infirmière m’apprend que les arrivées d’eau du bloc mater doivent être coupées pour la nuit et me demande des bidons de réserve pour un éventuel bloc d’urgences. Comme pour devancer toute objection elle s’empresse d’ajouter qu’elle n’avait pas été mise au courant, qu’une commande avait été passée dans la journée et que oui c’est particulièrement urgent !
Après avoir vainement tenté de contacter le cadre administratif de garde, j’ai empli un à un et chargé dans un caddie 35 bidons de 5 litres d'eau osmosée.
Les gardes en pharmacie à défaut de me convaincre de la plus-value de l’expertise pharmaceutique ont au moins le mérite de m’imposer un peu d’exercice physique !
(L’histoire ne dit pas si la demande du bloc s’est perdue dans les méandres des couloirs du CHU, si les gars des « antiseptiques, eau et pansements » ont superbement ignoré la commande ou si les infirmières du service dans l'organisation « protocolisée » de la coupure d'eau ont tout bonnement omis d’informer la pharmacie avant de s'en apercevoir à 19h le jour dit !!)

1 Comments:
orthomaniak
âge respectable, (hum..usagé,ou autre terme plus percutant,
Bloc en urgence
lectrice assidue et fan :c'est super
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